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 action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE

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pompidou des sous



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Lun 17 Avr à 16:18

Citation :
mais a t-on les moyens? c'est là ou ca "peche"... tant pis belle utopie...

il faut-etre réaliste, avec le deficit qu'on a, c'est pas pour demain...

Naturellemnet qu'il existe des moyen pour arriver à des revendication qui ne se posent pas qu'en contre.
Quand je parle de gratuité pour l'accés à l'education ce n'est pas une utopie.

En Argentine aprés la crise économique et la fuite des investisseur européens et americains, les travailleurs se sont réappropriés les moyens de productions ( usines, écoles...).
Ils ont mis en place un systeme alternatif au capitalisme en se basant sur l'autogestion (qui implique une participation active de la population) et la démocratie directe.
Des centaines d'usines se sont remis en route mais cette fois sans patrons et les biens produits sont écoulé dans des cooperatives ou des SEL ( echanges de services contre des biens....). L'argent est alors quasi inexistente et la production ne se fait pas dans une logique de profit mais au contraire de satisfaction des besoins.
Ce systeme permeyt la survie de centaines de milliers de personnes qui ont construit sur les ruines du capitalisme un embryon de systeme autogestionnaire.

Des experiences de cette nature il en existe des tas (bracelone en 36 et le communisme libertaire...)

En ce qui concerne l'education, on peut trés bien imaginer une éducation non selectives, hierarchique et patronales...
De la meme maniere il existe des experiences d'école emancipatrice comme l'ecole bonna ventura qui place au centre de sa démarche la pédagogie Freinet et la participation des éléves...

Bref l'utopie est possible !!!
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Mr Bobby

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Lun 17 Avr à 21:44

pompidou des sous a écrit:
Bref l'utopie est possible !!!
Mais si l'utopie est possible, peut-on encore parler d'utopie ? n'est-ce pas antinomique.
Bon je chipote, mais de toute façon ça coûte rien d'essayer de changer les choses.
Ou peut-etre si, ça coute à ceux qui ne veulent pas faire l'effort.

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Thorstein

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Lun 17 Avr à 22:47

bon ok j'ai oublié les coopératives et c'est vrai qu'il y en a...même en France, alors arreté de taper sur le système capitaliste, vous voulez faire autrement est bien faites rien ne vous l'empeche, au lieu de critiquer le système actuel, construisez la votre utopie...bon courage bounce
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Mr Bobby

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Lun 17 Avr à 23:28

Thorstein a écrit:
construisez la votre utopie...bon courage bounce
Merci, il en faut

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tenshu



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mar 18 Avr à 12:16

Thorstein a écrit:
bon ok j'ai oublié les coopératives et c'est vrai qu'il y en a...même en France, alors arreté de taper sur le système capitaliste, vous voulez faire autrement est bien faites rien ne vous l'empeche, au lieu de critiquer le système actuel, construisez la votre utopie...bon courage bounce

ba pour la construire faut bien taper sur le systeme actuel non?
Et meme taper sur le capitalisme je croit...

En gros fait ce que tu veut mais pas dans ma petite bulle.
Beau produit de l'individualisme primaire que l'on tient là.

Je suipas anar pour trois sous, je sait combien l'autogestion demande de l'énérgie.
En Argentine c'est une question de survie dans un pays où la seule monnaie disponible sont des Dollars "loués" au prix fort par les USA.

M'enfin on s'accorde sur la solidarité et la reconquete d'une partie de pouvoir decisionnel nottament dans l'entreprise.
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Thorstein

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mar 18 Avr à 12:22

tenshu a écrit:

En gros fait ce que tu veut mais pas dans ma petite bulle.
Beau produit de l'individualisme primaire que l'on tient là.

a yé des qu'on a un point de vue différent, on se fait taxer d'individualiste...

alors :
rien ne m'oblige a sortir de ma ptite bulle
le capitalisme n'a rien a voir la dedans (a mon avis) de meme que le libéralisme

a+
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pompidou des sous



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mar 18 Avr à 14:13

pour en savoir plus sur l'argentine :

Argentine.Généalogie de la révolte. Raul Zibechi.
Aucun mouvement social ne surgit spontanément…
363 p., 16€ + 2,65 € frais de port


Ce livre explore les origines du «Que se vayan todos » [que tous s'en aillent] adressé aux partis de droite comme de gauche. Ce slogan a sa source dans la transformation en profondeur de la société
argentine; transformation imposée par les politiques néo-libéraies appliquées sous l'impulsion du FMI, après le coup d'État militaire de 1976.
Les effets de plus de vingt-cinq ans de néo-libéralisme sont là. L'analphabétisme - éradiqué depuis les années 1950 – est réapparu. L.a misère - limitée à quelques poches régionales - touche aujourd'hui 55 % de la population, soit 17 millions, et l'indigence presque 9 millions. Les garanties sociales et sanitaires sont laminées, toutes les industries nationales sont réduites au minimum ou sont entre les mains de multinationales entièrement libres de ne pas entretenir les installations et d'épuiser les réserves naturelles. L.a corruption des classes dirigeantes a évidemment atteint les mêmes niveaux mafieux que l'on observe en Russie et aux États-Unis.
Actuellement, en Europe, le néo-libéralisme s'applique aussi quels que soient les gouvernements. L'exemple argentin montre les limites de la "soumission volontaire" et du "Fascisme sympa", et l'irruption des résistances et des refus pluriels de la population. Ce mouvement de fond a secoué et ridiculisé les classes dominantes en ce fameux décembre 2001.
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pompidou des sous



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mar 18 Avr à 14:14

maintenant sur l'espagne de 36 et l'autogestion :

Les Collectivités d’Aragon Espagne 36-39
Félix Carrasquer, mars 2003
296 p., 12 € + 2,65 € frais de port


Las Colectividades de Aragón. Un vivir autogestionado, promesa de futuro, est un témoignage de première main sur les réalisations des collectivités créées par les paysans d’Aragon.Félix Carrasquer – qui a perdu la vue dès 1935 – fonde avec ses frères l’école Eliseo Reclus où sont mis en pratique les principes de la pédagogie libertaire.Après le déclenchement de la guerre civile, il participe à l’expérience des collectivisations paysannes et crée l’École de militants de Monzón, à laquelle il consacrera le livre,
La escuela de militantes (1978) et de multiples pages du présent ouvrage.
Au cours de la seconde année de la production collectiviste, les récoltes augmentèrent de 20 à 30%. Comment est-il possible, nous dit-on, que la production ait augmenté alors qu’un fort pourcentage de jeunes avait été appelé à l’armée ?
Il est pourtant facile de comprendre ce phénomène si nous prenons en compte l’enthousiasme que quelques hommes d’âge avancé ressentaient à l’égard de la collectivité, ce qui les incitait à aller au travail alors qu’ils ne l’auraient pas fait dans une autre situation. Beaucoup de femmes aussi se joignaient aux
collectivistes...
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pompidou des sous



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mar 18 Avr à 14:22

toujours sur l'argentine, un article du monde diplo :

Le droit au travail avant le droit à la propriété

En Argentine, occuper, résister, produire


Depuis la crise économique qui a ruiné l’Argentine en 2001, de plus en plus de chômeurs occupent leurs entreprises en faillite et les remettent en marche sans patrons. S’ils réussissent à produire en autogestion grâce à leur créativité et à un ample mouvement de solidarité, ils réclament aussi des réformes et des politiques publiques pour soutenir leurs nouvelles coopératives. Plutôt que le droit à la propriété, tous se réclament du droit au travail.




Par Cécile Raimbeau
Journaliste. Auteure (avec Daniel Hérard) d’un livre sur l’Argentine autogérée, à paraître aux éditions Alternatives en février 2006.





Vingt mars 2003. Trente travailleurs licenciés de l’hôtel Bauen s’engouffrent dans un parking, forcent une porte et s’infiltrent dans leur ex-entreprise, un cinq-étoiles de vingt étages situé au cœur de Buenos Aires. Inauguré en 1978 pour la Coupe du monde de football, il est fermé depuis quinze mois. Certes, l’occuper est une atteinte au droit à la propriété privée. Mais c’est aussi une attaque contre un symbole du capitalisme débridé favorisé par la dictature.

Marcelo, 56 ans dont vingt-trois passés à la réception, a cherché désespérément du travail en 2002. Gladys, ancienne femme de chambre, gagnait 4 euros par nuit dans une centrale illégale de taxis. Rodolfo, anciennement dans la maintenance, triait les emballages recyclables, comme des dizaines de milliers de nouveaux chômeurs qui fouillent les poubelles de Buenos Aires.

L’audace de ces sans-emploi n’a plus rien d’exceptionnel dans un pays où le taux de chômage atteint 20 % et où 45 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Leurs « récupérations » contiennent l’idée d’une réappropriation, au nom du bien social, d’espaces abandonnés par les « voleurs » du secteur privé. La révolte populaire de décembre 2001 a stimulé ce phénomène, donnant naissance à des connexions entre des actions auparavant isolées. Alors qu’on répertoriait 44 entreprises récupérées à l’époque, on en dénombre à présent environ 170, qui emploient plus de 10 000 personnes (1).

C’est au milieu des années 1990 qu’a commencé à se développer la récupération d’entreprises en faillite par leurs anciens employés. Le modèle néolibéral appliqué avec zèle par le président Carlos Menem produisait chaque année des milliers de chômeurs (2). Non seulement les privatisations massives jetaient à la rue les employés du secteur public, mais encore l’élimination des restrictions à l’importation et des subventions à l’exportation générait un flux de produits étrangers tel que la petite industrie nationale ne pouvait les concurrencer.

Les entreprises récupérées ne sont généralement pas tant, comme le Bauen, des sociétés de service que des petites et moyennes entreprises industrielles. Les secteurs de la métallurgie, de la mécanique, de l’imprimerie et de l’alimentaire sont les plus représentés. En dépôt de bilan ou en faillite, ces entreprises ont pour point commun de crouler sous les dettes. Le fisc, les banques, les fournisseurs en sont les créanciers. Les employés, à qui sont dus des salaires et des indemnités, le sont également.

Ceux d’entre eux qui se déclarent candidats à la reprise préfèrent une compensation en machines-outils à de l’argent. Pourtant, si la loi argentine sur les faillites intègre bien un principe de priorité des salariés sur les autres créanciers, elle ne prône pas clairement la réactivation plutôt que la liquidation. Un article facilite l’achat de l’entreprise par des investisseurs, sans privilégier les employés débiteurs. Appelée « cramdown », cette mesure réintroduite à la suite d’un chantage du Fonds monétaire international (FMI) a souvent favorisé l’apparition d’acquéreurs fantômes, manœuvrés en sous-main par des patrons avides de racheter leur propre société à bas prix.

Le cas du Bauen est emblématique : construit en pleine dictature, grâce à un prêt public jamais remboursé, le bâtiment fut vendu 12 millions de dollars en 1997 à un homme d’affaires chilien, qui n’en versa que 4 avant de fermer boutique, fin 2001.

Avant d’occuper « leur hôtel », les chômeurs du Bauen ont déposé les statuts d’une coopérative, avec l’aide du Mouvement national des entreprises récupérées (MNER). Ce mouvement fédérateur s’est imposé dès les premiers mois de 2002, animé par deux ex-sympathisants des Montoneros (la guérilla péroniste des années 1970). MM. Eduardo Murua et José Abelli résument les trois étapes de leur stratégie par une formule empruntée au Mouvement des sans-terre du Brésil : « Occuper, résister, produire ! »

En 2002, une réforme de la loi des faillites a introduit la possibilité de céder la continuité de l’exploitation des entreprises en faillite à des coopératives. Pour autant, un juge qui entend encourager une coopérative doit négocier un contrat de location avec le propriétaire ou attendre une décision d’expropriation prise par les pouvoirs publics. « L’Etat exproprie pour construire des routes, pourquoi pas pour le bien social et le droit au travail ? », argumentent les porte-parole du MNER.

Si 31 % des entreprises récupérées jouissent d’un accord judiciaire de location, et si beaucoup fonctionnent sans cadre légal, 29 % ont obtenu des formes d’expropriation. Les travailleurs sont généralement autorisés à utiliser les machines et à occuper l’édifice pour deux ans. Au terme de cette période, si l’Etat n’a pas indemnisé le propriétaire et les créanciers, ceux-ci peuvent demander la mise en vente du bâtiment et des machines...

En novembre 2004, les entreprises récupérées ont connu une victoire plus prometteuse : l’expropriation définitive de douze établissements par la Ville de Buenos Aires. Les coopératives qui en ont bénéficié disposent de trois ans de grâce, puis de vingt ans pour acheter à crédit les murs et les machines. Mais ce traitement au cas par cas n’est pas suffisant : les travailleurs réclament une loi d’expropriation définitive qui servirait à toutes les entreprises récupérées.

Relayant les pressions des pouvoirs économiques, des éditorialistes de grands médias condamnent ces « attaques contre la propriété privée », perçues comme des offensives bolcheviques sur le Rio de la Plata ! « Autrefois, c’est l’idéologie qui encourageait la prise d’entreprise, pas la défense du travail, rétorque l’équipe du sociologue Gabriel Fajn (3). Aujourd’hui, ceux qui représentent ce mouvement forment un groupe très hétérogène, dont la majorité n’a aucune expérience syndicale. » Faisant naître de « nouveaux sujets politiques », l’idéologie se développerait après la récupération.

Un incroyable sentiment de liberté
Les chômeurs qui choisissent cette voie traversent nécessairement des périodes de conflit avec le patronat, la justice et la police. Pour affronter ces situations, ils doivent solliciter le dévouement de leur famille et se solidariser. Cette communion dans la rébellion crée non seulement de nouvelles relations de coopération et d’amitié, mais elle fait aussi émerger un processus de prise de décision démocratique : l’assemblée. Chaque travailleur y dispose d’une voix.

« Le sentiment de liberté que nous ressentons est incroyable, se réjouit Marcelo, président de la coopérative Bauen. Mais nous n’avons pas tous la même approche : certains pensent qu’il s’agit de faire ce qu’ils ont envie de faire ; d’autres qu’il s’agit de ne rien faire. Le plus dur dans l’autogestion, c’est de lutter contre l’individualisme et l’absence d’initiatives. Nous devons nous former pour dépasser l’“être ouvrier”, sans nous transformer en patrons ! »

Dans ce contexte, une partie des salariés se retire, principalement les cadres, absents de 80 % des entreprises récupérées. Sans patrons ni chefs, plus par pragmatisme que par idéologie, les assemblées adoptent le principe de salaires égalitaires. Il faut alors redistribuer les tâches en fonction des savoir-faire et de l’ancienneté, renforcer la polyvalence, élire des coordinateurs révocables par secteur, muter d’anciens travailleurs de la production à l’administration, les former et instaurer des mécanismes assurant la transparence des bilans comptables.

Ex-femme de ménage, María a pris des cours de commercialisation pendant quatre mois auprès d’un professeur bénévole, puis est passée aux ventes. Osvaldo, gardien devenu cuisinier, a coiffé la toque pour enfin vivre de sa passion. Quand vient le soir, au troisième étage, on entend de timides voix répéter en chœur : « May I help you, sir ? » Des professeurs de langues leur donnent des leçons en échange de prêts de salles pour leurs cours payants.

Après deux ans et demi d’occupation, la coopérative Bauen a réhabilité le bâtiment et ses chambres avec pour seul capital la solidarité et l’inventivité. Peu à peu, elle s’est fait une clientèle intéressée par des prix modérés et des facilités de paiement. Une soixantaine de nouveaux associés ont été recrutés. Désormais cent dix, ils touchent un salaire mensuel supérieur à celui d’un instituteur. Quand tout va bien, 40 % des bénéfices passent dans la masse salariale, le reste étant réinvesti.

A l’heure actuelle, 79 % des entreprises occupées produisent. Pourtant, si elles ont bénéficié de la reprise économique et de la dévaluation du peso, toutes ont dû surmonter les labyrinthes légaux, l’absence de capital et de subventions, une clientèle incertaine et des fournisseurs souvent méfiants à l’égard de l’autogestion. La plupart de ces coopératives travaillent à façon : les ouvriers vendent un processus industriel à des clients qui fournissent la matière première et paient le produit à livraison. Réduisant les revenus et générant des liens de dépendance avec des clients-fournisseurs, cette solution ne constitue toutefois qu’une étape transitoire, jusqu’à ce que les travailleurs capitalisent pour acheter eux-mêmes la matière première. Car leur production n’atteint guère que la moitié de leur capacité antérieure.

Ces entreprises s’entraident jusqu’à devenir clientes ou fournisseurs les unes des autres et à s’accorder des crédits. Leur production est utilisée par d’autres industries, peu par le consommateur. C’est un inconvénient : impossible d’envisager des ventes directes sur un marché solidaire. Responsable d’un département de la faculté de philosophie qui appuie l’autogestion (4), l’universitaire Andres Ruggeri regarde cette réalité comme un handicap : « Les entreprises récupérées qui fabriquent des pièces autos ne peuvent vendre qu’aux constructeurs autos. Or, ces multinationales refusent de travailler avec des coopératives, a fortiori avec des entreprises récupérées. Vendre à une société intermédiaire qui revend aux multinationales est l’unique solution, mais les travailleurs perdent un pourcentage dans ces transactions ! »

L’insertion dans le marché capitaliste des entreprises récupérées a suscité un vif débat en 2002. Un courant trotskiste, minoritaire, revendiquait alors l’étatisation sous contrôle ouvrier. Il intégrait quatre entreprises, dont une usine de confection de Buenos Aires (Brukman) et une fabrique de carrelages de Neuquén (Zanon). Leurs ouvriers envisageaient la récupération comme l’étape préliminaire d’une reconstruction socialiste dans laquelle l’Etat serait le vecteur de la planification économique. Les partis d’extrême gauche de ce courant ne croient pas à la viabilité des coopératives sur le marché capitaliste.

Débat idéologique mis à part, cette position eut une conséquence : le maintien indéfini d’un conflit. C’est du moins la leçon tirée de l’expérience de Brukman, dont les travailleurs furent expulsés par la police. Ensuite, Brukman devint une coopérative qui, ironie du sort, passa sous l’influence d’un courant plus réformiste : le Mouvement national des fabriques récupérées par les travailleurs (MNFRT), fondé par M. Luis Caro, un avocat proche des milieux d’affaires, de l’Eglise catholique et de la droite péroniste. « Faisant un culte de l’efficacité économique, il débarrasse les coopératives, qu’il arrache à l’influence du MNER, de leurs expériences culturelles alternatives », regrette Andres Ruggeri.

Les ouvriers de l’usine de carrelages Zanon ont opté pour une forme juridique de coopérative tout en continuant à revendiquer l’étatisation rêvée. L’unité de ses travailleurs a fait de cette entreprise récupérée un symbole national de combativité. Grâce aux solides liens qu’ils ont tissés avec les mouvements sociaux, ces céramistes ont résisté à sept tentatives d’expulsion. Chaque mois, ils produisent illégalement plus de 30000 mètres carrés de carrelage. Ayant recruté deux cent dix travailleurs, ils s’accordent des salaires égalitaires équivalents à ceux des policiers et trouvent encore des moyens pour faire régulièrement des donations dans les quartiers.

Créer de l’emploi dans une entreprise dite en faillite est un admirable pied de nez au patronat. Mais ce n’est pas l’avenir assuré pour toutes les entreprises récupérées. Tout dépendra de la viabilité de chacune, des conditions économiques globales, mais aussi, dans une grande mesure, de l’aide financière, technique et légale que l’Etat argentin voudra bien leur accorder. Au MNER, on est persuadé que, soutenue, l’autogestion pourrait récupérer 15000 emplois, et des représentants de ce mouvement majoritaire se présentent souvent comme de possibles partenaires de l’Etat pour lutter contre le chômage. Pourtant, ils n’ont jamais obtenu les crédits sans intérêts ni les réformes législatives qu’ils espéraient. Les milieux économiques exercent une telle emprise sur les pouvoirs politique et judiciaire qu’il coûte moins aux élus et aux juges de tourner le dos aux ouvriers rebelles que de les aider, malgré la popularité des entreprises récupérées.

Cécile Raimbeau.
Amérique latine
Argentine
Économie
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Industrie
Libéralisme
Propriété industrielle
Syndicalisme
Travail





date - sujet - pays





--------------------------------------------------------------------------------

(1) Empresas recuperadas, Secretaria de desarrollo economico, Ciudad de Buenos Aires, septembre 2003.

(2) Le taux de chômage est passé de 8 % en 1992 à 18 % en 1995 ; entre 1989 et 2000, le nombre d’ouvriers en activité a chuté de 35 %. Lire Carlos Gabetta, « Le lent naufrage de l’Argentine », Le Monde diplomatique, octobre 1999.

(3) Fabricas y empresas recuperadas, Centro cultural de cooperacion, novembre 2003.

(4) Informe del relevamiento entre empresas recuperadas por los trabajadores, Programa Faculdad Abierta, Faculdad de filosofia, UBA, avril 2003.






LE MONDE DIPLOMATIQUE | septembre 2005
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tenshu



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 16:34

Thorstein a écrit:
tenshu a écrit:

En gros fait ce que tu veut mais pas dans ma petite bulle.
Beau produit de l'individualisme primaire que l'on tient là.

a yé des qu'on a un point de vue différent, on se fait taxer d'individualiste...

alors :
rien ne m'oblige a sortir de ma ptite bulle
le capitalisme n'a rien a voir la dedans (a mon avis) de meme que le libéralisme

a+

Ba oui tu l'es mon amis c'ets cela qui est triste!
Comme tu dis rien à voir avec le libéralisme.
Car l'individualisme ne t'en déplaise, il t'a bien gagné.

Le probleme n'est pas ton point de vu différent que je rejéte mais que je respecte.
Le probleme c'est ton deni d'office de points de vu alternatifs aux tient:
"tenté dans votre coin, meme si cela implique que cela n'est pas possible ne me derangez sosu auccun pretexte)
Et c'est des gens comme toi qui se disent reformistes?


Hey, j'ai mis le doigts dessus tel Orphée on veut nous faire courrir une folle course,vers une société "moderne" et de plsu en plsu liberale-libertaire.
"attention ne vous retournez pas c'est la faillite derriere vous!"
Moi je pense plutot que vos états d'esprit sont synonnime de riches d eplsu en plus riches et pauvres de plus en plus pauvres.


Merci a toi pompidou pour les références que tu as donné
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Thorstein

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 20:16

libéralisme :
De liber, libre. Philosophie politique fondée sur le primat de l'individu reconnu comme une personne ayant des droits fondamentaux comme la liberté de conscience et d'expression. Au plan juridique, il postule l'égalité devant la loi ainsi que l'habeas corpus ; au plan politique, la liberté d'association, de presse et des institutions représentatives ; au plan économique, la liberté d'entreprendre et le respect de la propriété privée ; et au plan commercial, le libre-échange

le libéralisme ne vous empeche pas de creer des coopératives ou autres ou bien d'être "solidaire" alors arretez de taper sur le libéralisme...


"de plsu en plsu liberale-libertaire."

bien vu M. le dictateur (tenshu)... j'ai du mal a comprendre comment on peut être contre le libéralisme... et d'ailleurs pour tout ceux qui revent d'un monde sans libéralisme, vous pouvez aller vivre votre "utopie" en Biélorussie, pays dont l'etat s'occupe très bien de ses "petits travailleurs"...

allez a+
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pierrot



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 20:39

Il fait froid au Bélarus, conseilles leur le Vénézuéla!
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huhu

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 20:45

Viendez au Groland !

(tant qu'à faire du tourisme, faut choisir un beau pays)
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nathalie



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 21:41

Le libéralisme c'est, comme tu le dis, la librté d'entreprendre, le libre échange, etc...De mon point de vue, c'est la compétition, le chacun pour soi et l'écrasement des plus faibles au profit des plus forts...Je parle par exemple des grosses entreprises qui avalent les petites ce qui créé des licenciements et aussi des pays quiréussissent au détriments des autres...Alors de mon point de vue, je reconnais que l'esprit libérale est contradictoire avec un esprit de solidarité...
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pierrot



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 21:48

Oui, bien sur.

Si je comprends bien, la réussite de l'Occident est du à la pauvreté des autres pays.


Vous avez que le mot solidarité dans votre bouche, mais savez-vous vraiment le sens de ce mot?


Pour le tourisme, je vous conseille Cuba.
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Thorstein

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 21:49

mais oui mais oui...

no comment...

(pierrot m'a devancé)


Dernière édition par le Mer 19 Avr à 22:04, édité 1 fois
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pierrot



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 21:52

Comment le communisme a pu échouer, lui qui représenter la solidarité et l'amitié entre les peuples.
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de la fiante de crapo *-)



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 22:18

Communisme qui a échoué? tu parles duquel? Embarassed
En même temps, on vit dans un beau pays nous...c'est sur par rapport au tiers monde y'a pas a tortiller !!! Tiers monde que nous avons presque crée...c'est que nous nous sommes fort avec notre super chômage nos superbes inégalités, on est au top niveau...
Il y aurait bcp de choses a changer dans notre mode d'orchestrer le monde...
Enfin c'est mon point de vue
Donc respirer...
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nathalie



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 22:24

Ca devient vraiment navrant de resortir le communisme quand on parle de valeurs sociales...
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Ant_0ine



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 23:16

nathalie a écrit:
Le libéralisme c'est, comme tu le dis, la librté d'entreprendre, le libre échange, etc...De mon point de vue, c'est la compétition, le chacun pour soi et l'écrasement des plus faibles au profit des plus forts...Je parle par exemple des grosses entreprises qui avalent les petites ce qui créé des licenciements et aussi des pays quiréussissent au détriments des autres...Alors de mon point de vue, je reconnais que l'esprit libérale est contradictoire avec un esprit de solidarité...

C'est parce qu'il y a le libéralisme politique et le libéralisme économique qui sont deux choses différentes
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nathalie



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 23:21

Ce sont deux choses différentes mais qui ont le même but, non?Le libéralisme politique a tendance à avoir pour but de faciliter le libéralisme économique...
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Thorstein

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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Mer 19 Avr à 23:34

le libéralisme économique découle du politique

a+
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pierrot



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Jeu 20 Avr à 14:47

de la fiante de crapo *-) a écrit:
Communisme qui a échoué? tu parles duquel? Embarassed

Celui qui est décrit dans le Capital de Marx.
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pierrot



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Jeu 20 Avr à 14:47

nathalie a écrit:
Ce sont deux choses différentes mais qui ont le même but, non?Le libéralisme politique a tendance à avoir pour but de faciliter le libéralisme économique...

Donc, que va tu faire contre le libéralisme politique?
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nathalie



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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   Jeu 20 Avr à 15:05

Ne pas voter pour ceux qui font cette politique...C'est tout ce que je peux faire cela...
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MessageSujet: Re: action du 12/0=occupation de la direction générale de l'ANPE   

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